Creme-solaire

Les BIO ne boivent pas plus la tasse que les autres… Le démenti de COSMEBIO

Dossier | 2019-06-24 14:41:50

Les BIO ne boivent pas plus la tasse que les autres… Le démenti de COSMEBIO

Chaque année juste avant l’été (opportunisme ou coïncidence ?), comme une vieille habitude bien ancrée, le petit rituel bien rodé du magazine UFC QUE CHOISIR frappe. Ce géant de la presse écrite spécialisé dans la thématique de la consommation et de l’information du grand public se déchaîne, parfois en mode désinformation, sur le vaste sujet des crèmes solaires et sous prétexte de vouloir défendre et informer les consommateurs que nous sommes, que vous êtes.


enfant crème solaire


L’occasion pour eux de faire, étrangement et malheureusement, la part belle aux marques « low-cost » (souvent les mêmes d’ailleurs) ou à défaut, plutôt conventionnelles ; et de descendre toujours un peu plus les marques engagées dans une démarche de certification BIO pourtant beaucoup plus contraignante en tout point de vue (qui n’ont d’ailleurs aucun intérêt purement économique à se lancer dans cette aventure engagée, devenue pour certaines un devoir, puisque tout coûte alors plus cher… sans parler des dures habitudes de consommation auxquelles elles et nous, EQ, faisons face quotidiennement avant de réussir à convaincre !) et plus qualitative, ce dernier point étant laissé à l’appréciation de chacun(e) selon les idées et valeurs défendues.

C’est parce que l’engagement dans la cosmétique BIO a pour finalité de limiter notre/votre impact sur l’environnement (vous n’ignorez pas qu’il devient urgent de s’en préoccuper), avec les outils à notre disposition certes… mais au moins nous essayons, et d’appliquer un maximum le principe de précaution quant à votre/notre santé (notamment en excluant l’utilisation de nombreuses substances jugées trop douteuses), qu’il nous tient à cœur de défendre ces engagements face à des papiers loin d’être à la hauteur de leurs prétentions et de leurs responsabilités.

Alarmistes en généralisant certains résultats à toute une catégorie de produits sans preuve ni raison valable, une fois leurs conclusions simplistes publiées puis relayées par les plus grands médias de l’audiovisuel français sans pour autant prendre le temps de présenter des informations claires, précises, détaillées et donc pertinentes pour contribuer à la (meilleure) compréhension du sujet et aux vrais débats qui se posent en vu de contribuer à l’évolution des réglementations lorsque cela pourrait s’avérer nécessaire, ils participent à la désinformation regrettable du grand public sans pour autant faire avancer les sujets de fond et la protection des utilisateurs.

Cette année, COSMEBIO et les marques engagées dans ce label ont choisi de s’exprimer plus ouvertement pour faire cesser certaines rumeurs. Le respect des consommateurs à travers une communication éthique et non trompeuse étant un des piliers de cet engagement, nous souhaitions partager avec vous la position de COSMEBIO, qui est aussi la nôtre, à ce sujet.




Communiqué de presse : COSMEBIO

label comesbio

COSMEBIO conteste les conclusions erronées de l’UFC Que Choisir dans son article « Crèmes solaires pour enfants » de juillet/août 2019.

COSMEBIO, Association Professionnelle de Cosmétique Ecologique et Biologique, conteste les résultats erronés de l’enquête de l’UFC Que Choisir sur les crèmes solaires enfants dans son numéro de juillet/août 2019 et dénonce une nouvelle fois un protocole de test inadapté à certains ingrédients d’origine biologique et naturelle. En effet, les crèmes solaires Bio utilisent des filtres naturels d’origine minérale dont le niveau d’efficacité est mal évalué par le protocole utilisé par l’UFC Que Choisir. Cette erreur est d’autant plus regrettable que les professionnels du secteur Bio en ont plusieurs fois averti la rédaction du magazine.

COSMEBIO, tient donc à rappeler qu’un produit solaire bio protège aussi bien qu’un produit solaire conventionnel tout en utilisant exclusivement des écrans non-chimiques d’origine minérale. Soumis aux mêmes normes légales, les produits de protection solaire labellisés COSMEBIO doivent être strictement conformes au règlement cosmétique 1223/2009 (qui liste les filtres solaires autorisés) et en accord avec les recommandations de la Commission Européenne N°2006/647/CE (critères de l’indice de protection).

Des tests sont obligatoirement effectués avant la mise sur le marché, garantissant ainsi le niveau de protection UVA et UVB indiqué sur le packaging : un produit d’indice SPF 50+ conforme à la règlementation stoppe 99,8% des UVB et 94% des UVA et un produit SPF 30 stoppe 97% des UVB et 86% des UVA.

Les produits solaires labellisés Cosmebio destinés aux enfants et aux adultes contiennent des ingrédients d’origine naturelle (95% minimum) et des ingrédients issus de l’agriculture biologique (95% minimum des ingrédients végétaux physiquement transformés). Les filtres chimiques sont interdits dans les référentiels de la cosmétique bio. Contrairement aux filtres chimiques, les filtres minéraux ne pénètrent pas l’épiderme et n’induisent pas d’allergie ou de perturbations endocriniennes.

D’autre part, alors que chaque année, entre 4000 à 6000 tonnes de crème solaire se diluent dans la mer, les filtres chimiques représentent un fort impact sur l’environnement. De leur côté, les cosmétiques bio labellisés excluent de nombreux ingrédients controversés et sont fabriqués selon des procédés de fabrication doux et non-polluants. Ils exigent également un emballage recyclable.

Enfin, COSMEBIO rappelle que tout produit solaire n’est protecteur que s’il est correctement utilisé. Les recommandations de bon usage sont aussi importantes que le niveau de SPF : appliquer la bonne quantité, renouveler régulièrement, ne pas exposer les enfants entre 10h et 16h, leur faire porter des vêtements légers de protection, appliquer une crème de haut indice de protection sur les zones découvertes…




Comment est mesurée l’efficacité des crèmes solaires ?

Il faut savoir que toutes les crèmes solaires, qu’elles soient composées de filtres chimiques ou de filtres minéraux, sont soumises aux mêmes tests avant d’être commercialisées. Ces tests réglementaires sont obligatoires et ont pour objectif de vérifier que le produit joue bien son rôle protecteur contre les rayons ultraviolets (UVA / UVB) et de quantifier son pouvoir de protection (le fameux SPF dont nous parlions précédemment ou le FP-UVA généralement communiqué de façon plus discrète).

À ce jour, plusieurs méthodologies sont recommandées par la réglementation européenne (Règlement Cosmétique Européen N°1223/2009) :

Méthode In vivo ISO 24444 et ISO 24442 : ces méthodes sont réalisées sur des individus volontaires. Sur leur dos, on trace plusieurs carrés que l’on va protéger ou non avec le produit testé. On va ensuite les placer sous une lampe UV afin de chronométrer le temps de réaction de la peau aux UV.
Méthode In vitro ISO 24443 : cette méthode est réalisée avec une machine, sans recourir à des volontaires. On place la crème solaire sur une plaque transparente que l’on met ensuite sous la lampe UV. Un détecteur placé sous la plaque mesure les rayons UV perçus à différents timings.

Il existe d’autres méthodes mais elles ne figurent pas dans les méthodes recommandées.

A savoir, la méthode in-vitro ISO 24443 est actuellement en cours de révision par l’ISO car il semblerait – avec du recul – qu’elle ne soit pas autant adaptée aux filtres solaires d’origine minérale qu’aux filtres chimiques. Constat rendu possible grâce au recul désormais disponible sur de très nombreux résultats obtenus depuis sa publication, qui n’excluait et n’exclut toujours pas son utilisation sur une certaine catégorie de filtres solaires. Et oui, en matières de sciences il faut souvent du temps pour conclure plus définitivement et avec plus de certitudes sur certains paramètres ! En plus de ce fait et pour ne rien faciliter, la pertinence d’une méthode n’est pas que question de nature de filtres, mais aussi de nombreux autres paramètres tels que la forme galénique (texture) d’une formule…

Outre les filtres solaires utilisés (avec leurs pourcentages) et les méthodes employées pour qualifier une protection solaire, il faut aussi comprendre que la forme galénique (texture) du produit joue sur la répartition des filtres solaires dans la formule (qui doit être la plus homogène et stable possible) et donc sur l’efficacité des produits… Attention aux formules très fluides en spray qui utilisent les filtres minéraux, par exemple ! De même que la bonne stabilité d’une formule dans le temps sera essentielle pour garantir le même niveau de protection évalué sur du produit tout frais, pendant l’étape du développement. On vous l’avait dit que le sujet était bien plus complexe qu’il n’y paraissait, mais abordable en s’y plongeant un peu ! 😉

Chez EQ, pour diverses raisons, nous avons fait le choix de tester nos formules avec l’ensemble des méthodes officiellement recommandées, qu’il s’agisse des méthodes in-vivo ou in-vitro. Cette démarche nous a permis de vérifier la pertinence et la fiabilité de nos résultats ; et c’est en toute transparence que nous avons décidé de les publier sous forme de résumé dans le tableau présenté ci-dessous.

Test des crèmes solaires EQ

tableau résultats

Lexique

SPF : sa mesure correspond à la dose érythémale, c’est-à-dire au moment où la peau va commencer à rougir en cas d’exposition aux UVB. Il est déterminé en mesurant la dose érythémale avec et sans protection solaire sur la peau. Le SPF nous indique la capacité d’un produit à protéger la peau contre les UVB en termes de durée. Plus le SPF est élevé, plus longue sera la durée avant que la peau ne commence à rougir et plus longue sera la protection face aux rayons UVB.

UVB : ce sont des rayons courts et plus puissants que les UVA. Ils agissent à la surface de la peau et sont donc responsables des coups de soleil, mais aussi du vieillissement cutané.

UVA : ce sont des rayons relativement longs, donc moins puissants, mais ils pénètrent plus profondément et contribuent largement au vieillissement de la peau ainsi qu’aux cancers cutanés. Ils traversent les vitres en verre. Contrairement aux UVB, on ne les sent pas.

LOC : Longueur d’onde critique (λc) : afin de vérifier que la protection vis-à-vis des rayons UVA les plus longs est assurée, la longueur d’onde critique est déterminée lors de la mesure du Facteur de Protection UVA, à partir du spectre d’absorption obtenu. Sa valeur doit être au moins égale à 370 nanomètre (nm).

Résistance à l’eau : la résistance à l’eau est évaluée en même temps que la mesure du SPF (UVB). Il s’agit de comparer le SPF mesuré avant et après immersion dans un bain d’eau, en suivant un protocole spécifique et normé. Le produit est considéré comme résistant à l’eau si la variation des SPF mesurés avant / après immersion est inférieure à un certain seuil d’acceptabilité.

FDA : Food and Drug Administration (en français : Administration Américaine des Denrées Alimentaires et des Médicaments)

ISO : International Organization for Standardization (en français : Organisation Internationale de Normalisation)

*EQ a fait le choix de ne pas vérifier la résistance à l’eau sur son Stick Lèvres SPF 30, car c’est un produit pour les lèvres et qu’il convient de le ré appliquer très régulièrement du fait qu’il parte beaucoup plus rapidement qu’un produit appliqué sur la peau, indépendamment des effets de l’eau ou de la transpiration.

Pour encore plus d’informations, voir notre article “Abécédaire de la protection solaire” en cliquant ici

Nous espérons sincèrement que cet article aura pu vous éclairer et vous donner l’envie d’aller chercher toujours plus d’informations, détaillées et issues de différentes sources… une démarche nécessaire à la bonne compréhension d’un sujet, quel qu’il soit.

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